DIAGNE CHANEL

Diagne Chanel revient juste de Sédhiou, capitale de la Casamance, où elle s’imprègne artistiquement et elle s’implique socialement pour la sauvegarde d’éléments du patrimoine architectural en péril. Suivre le fil de son travail de ces dernières décennies, c’est déjà appréhender le déploiement de ses réalisations sérielles et thématiques en peinture, sculpture et photographie. C’est aussi un peu comme la regarder dans un miroir, vivre ses villes extérieures et intérieures. Ses paysages urbains aux allures de décors, où l’illusion de la profondeur souligne la position de la figure féminine. A la fois actrice et spectatrice de sa propre peinture, son héroïne semble jauger et garantir son contexte vital. Non loin, un groupe de bustes de poupées guindées échange des sourires complices avec quelques jeunes zoulous et motifs animaliers. Une section de lutteurs hiératiques, telle une garde pourfendeuse des réminiscences esclavagistes, veille sagement sur les portraits de famille. Les séries de Diagne Chanel sonnent et se répondent comme des rhapsodies urbaines, pour exprimer un univers personnel aux multiples niveaux. Preuve que son petit musée est vivant... [Alexandre Mensah]

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Diagne Chanel

Depuis 1986, Diagne Chanel met son art au service de la lutte contre le génocide ethnique au Soudan.

 

Plus de trente ans dans l’art entraîne la visite d’un grand nombre d’ateliers. Pourtant la visite à Diagne Chanel n’est pas passée inaperçue. Elle travaille et habite à Paris. A proximité de Paris-Nord, dans un grand bâtiment, au fond d’un corridor typiquement français. La première impression fut saisissante. Toute la maison était remplie d’affaires. Ce n’était pas le chaos, mais chaque endroit était mis à profit. Les murs étaient couverts, partout il y avait des meubles, des tapis, des livres, des photos et surtout de nombreux objets. Il n’y avait guère de différence entre la salle de séjour et l’atelier. Les pièces se suivaient d’une manière continue. Tout portait la griffe de Chanel.

Les œuvres accrochées aux murs avaient été créées par elle. Les sculptures avaient été créées ou collectionnées par elle. Elle avait conçu ou transformé une partie de l’ameublement. Les dizaines de ‘choses’ étaient les siens ou appropriés à elle. Dans le vestibule et le couloir se trou- vaient les pièces détachées de ses installations. En partie emballées. Même les toilettes étaient bondées. Il n’y avait pas de différence entre high et low art. Toutes les œuvres avaient leur valeur, parce qu’elles témoignaient toutes de l’ardeur et de la passion de l’artiste Diagne Chanel.

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