CATHERINE COLIN

Artiste et enseignante, Catherine Colin vit et travaille en région parisienne. Elle dit qu’elle n’aime pas Balzac, pourtant les sculptures de Catherine Colin relèvent bien de la Comédie Humaine. Mais l’univers de cette artiste passionnée, prodigue et prolixe qui sculpte des cochons, des singes et des girafes, et les baobabs, s’il relève de la caricature humaine à travers les règnes animal et végétal, emprunte davantage à l’allégorie qu’à la férocité implacable de cet écrivain contempteur du genre humain. L’impression qui domine dans le grand atelier de cette artiste est celle d’une forêt de formes luxuriantes. Le mot foisonnant s’impose naturellement au regard : les girafes protéiformes, ceinturées d’accordéon, sont dotées de seins et de fesses : passerait-on de la luxuriance à la luxure ? Chez Catherine Colin, l’émotion est à fleur de peau, les larmes proches du rire. Ses sculptures sont de véritables sismographes, non seulement de ses états d’âme mais de l’état de ses recherches sur des questionnements philosophiques : elle aime notamment se référer à l’allégorie de la caverne de Platon sur l’homme prisonnier de l’illusion de la vie. La dualité, thème au cœur de la démarche de Catherine Colin, jaillit ici avec la même force que la sève ; c’est la vie qui triomphe, et non le malheur. On s’éloigne du fatalisme social du XIX ème siècle, on entre dans les problématiques du monde contemporain : racisme, intolérance, incommunicabilité. On se promène de la Ferme des animaux d’Orwell aux Fables de la Fontaine, aux contes, mythes et mythologies d’Afrique et aux moines du Tibet. Catherine Colin moraliste ? Certainement pas ou pourquoi pas. Elle assume le côté rabelaisien de ses créatures.

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Catherine Colin

La dualité, thème au cœur de la démarche de Catherine Colin, jaillit ici avec la même force que la sève ; c’est la vie qui triomphe, et non le malheur.

 

Libérant l’homme enchaîné dans la caverne, elle invite le spectateur, au contraire, à toucher et caresser ses sculptures, à jouir de cette sensualité animale qui explose entre finesse et rudesse. La légende du baobab qui aurait été, lors de sa création, arraché puis replantée à l’envers, ne pouvait qu’attirer Catherine Colin pour qui les hommes marchent « la tête à l’envers ».

Alors Moraliste ? Non. Humaniste plutôt avec tout la force du terme qui englobe pour cette artiste diplômée des Beaux-Arts, l’acquisition des humanités, un goût prononcé pour la littérature, la philosophie, les mathématiques la transmission des connaissances, le refus de toute compromission, l’éveil au mystère du monde et de l’homme.